AutreBrassard #ONE LOVE đŸłïžâ€đŸŒˆ (Claire CELOTTO & Jimmy BURGHO)

02/12/2022

Jimmy BUGHO, joueur de National 2 et Claire CELOTTO, joueuse de RĂ©gional 1 FĂ©minine, nous ont fait le plaisir de rĂ©pondre Ă  nos questions sur le sujet de la lutte contre l’homophobie dans le football. DĂ©couvrez leurs ressentis ci-dessous.Â âŹ‡ïž

Est-ce que l’homosexualitĂ© dans le football est un sujet qui vous parle personnellement ?

Claire : « C’est un sujet qui me touche personnellement. J’ai pu voir les Ă©volutions positives au fur et Ă  mesure des annĂ©es dans ma pratique avec les femmes. Cependant, cela n’a jamais Ă©tĂ© rĂ©ellement problĂ©matique chez nous, dans la pratique amatrice. Je crois qu’il y a encore beaucoup de progrĂšs Ă  faire concernant ce sujet dans le football chez les hommes. Chez eux, cela ne se dit pas, cela ne se montre pas. Selon moi, le foot renvoie encore Ă  une certaine image de la virilitĂ© et quand on dit qu’on est homosexuel en tant que garçon, je pense que cela casse une certaine idĂ©e de la virilitĂ© associĂ©e Ă  tort au football. »

Jimmy : « En effet, dans le football masculin, il n’y a pas trop dĂ©volution importante, car mĂȘme si la plupart des personnes vont dire qu’ils l’acceptent, on remarque que ce n’est pas forcĂ©ment le cas quand cela est prĂ©sent. AprĂšs, le manque d’évolution vient aussi du fait que les personnes continuent Ă  se cacher, ce qui est totalement comprĂ©hensible quand on voit ce qui peut ĂȘtre dit ou fait Ă  l’égard de quelqu’un d’homosexuel lorsqu’il le dit ou le montre. Il faut savoir que le football fĂ©minin et masculin, c’est en mĂȘme temps le mĂȘme sport, mais pas du tout la mĂȘme ambiance de vie, les filles, je pense sont plus ouvertes, plus empathique entre elles contrairement Ă  nous les garçons qui mettent en avant leur virilitĂ©. Le fait d’avouer ĂȘtre homosexuel casse un peu les codes justement de virilitĂ© qui s’est crĂ©Ă©e au fur et Ă  mesure du temps dans le football masculin et c’est quelque chose qui pour le moment est trĂšs difficile Ă  faire accepter dans un groupe, voir mĂȘme au sein d’un club. »

Qu’est-ce que reprĂ©sente ce brassard pour vous ?

Jimmy : « Je suis assez libre et ouvert sur le sujet donc ça ne me gĂȘne pas que ce soit d’en parler ou de le porter. Ça permettra peut-ĂȘtre de faire Ă©voluer les choses et surtout de permettre Ă  ceux qui s’en cachent de pouvoir en parler. MĂȘme si en toute sincĂ©ritĂ©, pour ce qui est du football masculin, je pense que ça ne changera pas beaucoup mĂȘme si on essaye, c’est tellement compliquĂ©. On dirait limite que ce n’est pas le mĂȘme sport, le foot masculin encore autre chose quand il s’agit de ces sujets-lĂ , c’est un groupe de 25 / 26 gars avec souvent des gros egos dans le vestiaire donc si ça vient Ă  se savoir dans le vestiaire, je pense que ça peut trĂšs mal se finir pour la personne en question. AprĂšs si tout le monde commence Ă  en parler, les gens comme j’ai dit vont pouvoir aussi moins se cacher et il suffit qu’une ou 2 personnes et en particulier une star ose en parler, se montrer, ça pourra trĂšs certainement faire la diffĂ©rence. Car bon si c’est par exemple moi, je suis sĂ»r demain je suis mort je suis rayĂ© et aprĂšs mĂȘme, c’est sĂ»r que je ne finis pas la saison. »

Claire : « Oui, je suis d’accord avec Jimmy, on aurait besoin d’une figure forte masculine dans le monde, qui soutienne la cause, qui en parle, qui ose se montrer pour faire avancer les choses. Il y en dĂ©jĂ  quelques-unes chez les femmes, comme Megan RAPINOE qui se bat pour faire Ă©voluer les mentalitĂ©s et notamment l’acceptation de l’homosexualitĂ©, partout et tout le temps. Cela Ă©tant, c’est encore timide chez les stars fĂ©minines françaises par peur du “qu’en dira-t-on ?” et de se faire briser leur carriĂšre. Seulement la gardienne de l’équipe de France, Pauline Peyraud-Magnin est “ouatĂ©e” publiquement. Dans le sport français, on est aussi moins politisĂ© que dans d’autres pays comme les États-Unis. LĂ -bas, les joueuses se servent de leurs rĂ©sultats pour faire avancer leurs droits, comme demander l’Ă©galitĂ© salariale et elles l’ont obtenue, enfin, alors qu’elles ont depuis longtemps de meilleurs rĂ©sultats que les garçons et gĂ©nĂšrent leurs propres financements.

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Pour en revenir au sujet, la thĂ©matique de l’homosexualitĂ© devrait ĂȘtre un non-sujet. Pour moi, ça l’est. On ne devrait mĂȘme plus en parler publiquement, c’est la vie de chacun, c’est du domaine privĂ© et en mĂȘme temps ça ne devrait pas ĂȘtre un problĂšme d’en parler dans la vie de tous les jours, que ce soit pour une fille ou garçon. Puis, aujourd’hui, les genres sont fluides, dĂ©passant le clivage homo / hĂ©tĂ©ro. Malheureusement, la tolĂ©rance n’est pas encore de mise partout et il faut lutter pour l’égalitĂ©. Ainsi, le combat passe par diffĂ©rentes actions pour obliger les mentalitĂ©s Ă  changer. Ce brassard est symbolique. Cependant, mĂȘme si cela va dans le bon sens de la part de la FĂ©dĂ©ration, je suis perplexe quant Ă  cette opĂ©ration qui arrive aprĂšs le refus de cette mĂȘme FĂ©dĂ©ration de le porter Ă  la coupe du monde au Qatar.

De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, il y a encore beaucoup d’inĂ©galitĂ©s Ă  combattre de part et d’autre. Chez les femmes, il s’agirait plus d’arriver Ă  une Ă©galitĂ© rĂ©elle de traitement concernant le football. Chez les hommes, je pense qu’en Ă©duquant les mentalitĂ©s des plus jeunes Ă  la tolĂ©rance et l’empathie et en combattant les prĂ©jugĂ©s des adultes, on arriverait Ă  plus de comprĂ©hension et de tolĂ©rance Ă  l’égard des personnes non assimilĂ©es Ă  la norme. »

Anecdote de Jimmy : 

Jimmy : « Quand j’Ă©tais Ă  Nantes en centre de formation, j’ai commencĂ© en U14 nationaux, on Ă©tait dans un centre de prĂ©formation et il y avait un joueur avec moi qui Ă©tait gay, il ne l’avait pas dit, ni montrĂ©, mais Ă  un moment donnĂ©, il avait fait un bisou Ă  un mec comme ça parce que je ne sais pas, il voulait faire un bisou. Et il Ă©tait capitaine en Ă©quipe de France Jeunes, mais ça s’est su et du coup, il a fait un burn-out Ă  son jeune Ăąge. Ensuite, vers 15 ans, il est parti Ă  Nice pour essayer de rebondir, mais une fois de plus, ça s’est su lĂ -bas, et donc Ă  16 ans, il a arrĂȘtĂ© le foot et voilĂ  comment une carriĂšre peut ĂȘtre gĂąchĂ©e
 Dans notre monde, ce n’est mĂȘme pas que tu es mis Ă  l’Ă©cart, c’est beaucoup plus que ça, il y a du harcĂšlement, des insultes Ă  tout-va, c’est trĂšs malheureux. »

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